devenir apiculteur

Comment devenir apiculteur auto entrepreneur?

Est-il possible de devenir apiculteur en micro entreprise? La réponse est non !

Vous avez envie de retrouver le contact avec la nature ? Vous aimez travailler au grand air ? Miel, gelée royale, propolis, cire, pollen, ruchettes, essaims, nectar, tous ces mots vous sont familiers ?

Tout au long de l’année, l’apiculteur élève, surveille et soigne ses abeilles pour obtenir du miel et des produits dérivés. Savoir produire du miel est un art qui s'apprend au fil des ans. Vous voulez en savoir plus sur cette profession ? Nous vous détaillerons ici les démarches et études à faire.

Apiculteur : les renseignements clés

Le statut d’auto entrepreneur n’existe pas dans le secteur agricole. Ainsi, il est impossible d’exercer à son compte en tant qu’apiculteur auto-entrepreneur. Néanmoins, vous pourrez choisir un autre statut pour vous mettre à votre compte.

Les statuts

Pour choisir son statut l’apiculteur doit connaître la taille du projet envisagé (nombre de ruches, surface exploitée, temps passé, etc.) et penser aux perspectives d’évolution de son activité. L’agriculture est dotée de règles particulières et 3 types de statuts existent : juridique, fiscal et social.

Statut juridique : l’apiculteur qui exercera seul son activité. Ainsi, il pourra choisir :

  • Amateur ou loisir : moins de 50 ruches
  • EI (Entreprise individuelle)
  • EIRL (Entreprise individuelle à responsabilité limitée)
  • EARL (Entreprise agricole à responsabilité limitée) : le statut social micro BA (Bénéfice Agricole) n’existe pas avec ce statut juridique

Statut fiscal : cela concerne le choix d’imposition.

  • Micro-BA : c’est un régime fiscal simplifié qui convient pour les petites exploitations agricoles qui ne tiennent pas de comptabilité réelle. Il est l’équivalent du régime auto entrepreneur pour les activités artisanales ou commerciales. La moyenne du chiffre d’affaires hors taxes, calculée sur les 3 dernières années, ne doit pas excéder 85 800 euros.
  • Régime des Bénéfices agricoles soumis à l’impôt sur le revenu.
  • Impôt sur les sociétés.

Statut social : varie en fonction de la grandeur de l’exploitation.

  • Moins de 50 ruches : pas de cotisation sociale. Dans ce cas, l’apiculteur profite de la couverture sociale liée à sa profession principale
  • Entre 50 et 200 ruches : cotisation de solidarité qui est calculée par le service des impôts en fonction du nombre de ruches. À noter que cette cotisation ne fait bénéficier d’aucun droit.
  • A partir de 200 ruches : ce régime offre une protection sociale. Cotisations calculées à partir du revenu professionnel.

Autres démarches obligatoires

  • Déclaration auprès de la DGAL (Direction générale de l’Alimentation) pour obtenir le NAPI (numéro d’apiculteur). Il doit être affiché à proximité du rucher ou sur au moins 10 % des ruches. Ce numéro permet :
    • L’enregistrement de tous les apiculteurs dans une base de données.
    • La mise en place de mesures d’épidémio-surveillance dans les secteurs infectés par des maladies contagieuses.
  • Enregistrement auprès du CFE (Centre de Formalités des Entreprises) de la Chambre de l’agriculture afin d’obtenir le numéro SIRET : ce numéro est obligatoire même si vous vendez du miel en très petite quantité. Si vous êtes déjà détenteur de ce numéro au titre d’une autre activité agricole que vous exercez, vous n’avez pas besoin de le redemander. Remarque : on peut avoir un statut d’apiculteur amateur, enregistré avec un SIRET et vendre ses produits de la ruche sans être professionnel.
  • Déclaration chaque année entre le 1er septembre et le 31 décembre des colonies d’abeilles (nombre et emplacements) : déclaration simplifiée en ligne sur mesdemarches.agriculture.gouv.fr. Les nouveaux apiculteurs doivent réaliser une déclaration de ruches dès l’installation de la première colonie. Cette déclaration permet d’avoir :
    • Une meilleure connaissance du cheptel apicole français.
    • Une veille de la gestion sanitaire des abeilles.
    • L’obtention des aides européennes dans le cadre du Plan Apicole Européen.

Comment commencer son activité d’apiculteur auto-entrepreneur ?

Les différentes étapes avant de commencer

  • Entreprendre une formation (même si cela n’est pas obligatoire)
  • S’informer sur les réglementations en vigueur
  • Faire une étude de marché
  • Réaliser un plan financier avec recherche de financements et aides (s’adresser à la Chambre de l’Agriculture)
  • Choisir un statut
  • Trouver le terrain
  • Acheter les équipements
  • Trouver les abeilles et les produits nécessaires

Prérequis

L'apiculture, aujourd'hui, est une profession liée à la nature et donc aux caprices ainsi qu’aux aléas de la météo. Mais, malheureusement, elle est également liée à l'usage des pesticides, aux maladies, etc. Le lieu d'implantation des ruchers (groupe de ruches) et le temps accordé pour s’occuper des abeilles sont ainsi des facteurs également importants pour la bonne marche de l’activité.

Les investissements principaux à prévoir

Selon le nombre de ruches que vous souhaitez acquérir, vous devrez prévoir certains investissements, dont :

  • Un terrain : le meilleur terrain pour démarrer en tant qu’apiculteur est celui qui permet à une colonie d’abeilles de trouver des pollens variés et du nectar en grande quantité.
  • Les essaims : pour débuter, il est conseillé de trouver des essaims naturels, récupérés auprès des apiculteurs au printemps ou d’acheter un essaim sur cadre. En ce qui concerne le choix de la race d’abeille, il est recommandé de s’adapter à la région d’exploitation pour assurer un élevage pérenne.
  • Les ruches
  • Les ruchettes pour l’essaimage (processus naturel de renouvellement des colonies).
  • Les cadres (10 cadres par ruche)
  • La miellerie

Remarque : la première année d’exploitation consiste à réussir l’élevage des essaims et il est difficile de dégager une première rentrée d’argent. L’objectif premier est de réussir à élever les essaims pour qu’ils puissent affronter leur premier hiver et démarrer l’année suivante pour produire soit des essaims, soit du miel, tout dépendra de l’importance du cheptel.

La fiche métier de l’apiculteur

Les missions

L'apiculteur maîtrise un savoir-faire et des connaissances pointues. Les méthodes apicoles doivent être adaptées à l’espèce et à la race des abeilles, au climat et à la végétation du lieu où sont installées les ruches. Aussi, pour exercer ce métier, il faut de la méthode, un bon sens de l'observation et beaucoup de minutie.

Le rôle de l’apiculteur

  • Élever des abeilles et veiller à leur protection contre les prédateurs et les maladies.
  • Contrôler l’état sanitaire des colonies.
  • Surveiller les ruches et s’assurer que chacune d’elle soit pourvue d’une reine en bonne santé.
  • Entretenir les équipements nécessaires à l’exploitation des abeilles et le matériel de la miellerie pendant l’hiver (période de sommeil des abeilles).
  • Récolter, traiter et conditionner le miel dans le respect des consignes d’hygiène et de sécurité.
  • Produire de nouvelles colonies avec des reines et des abeilles.
  • Promouvoir et vendre sa production : miel et produits dérivés (cire, pollen, gelée royale, bonbons au miel, bougies à la cire, hydromel, etc.).

Les qualités et les compétences requises

  • Il faut avoir de bonnes connaissances théoriques et pratiques.
  • L’apiculteur éprouve en général une véritable passion pour les abeilles et un profond attachement à la terre. Il est nécessaire d’être observateur.
  • Il faut être en bonne condition physique, car vous devrez manipuler du matériel assez lourd.
  • Il est préférable de ne pas souffrir d’allergies.
  • L’apiculteur doit être très disponible, les horaires fixes n’existent pas. L’activité varie selon les périodes de l’année et en fonction des conditions climatiques.
  • Il est nécessaire d’avoir de bonnes connaissances en gestion pour développer son exploitation et trouver des débouchés pour ses produits. La vente et la promotion des produits requièrent une part importante du travail. Il est donc préférable d’être bon commerçant.

La formation pour devenir apiculteur

Aucun diplôme n’est obligatoire pour la pratique de ce métier. En revanche, l’exploitation des abeilles requiert une maîtrise de techniques qu’il est important d’acquérir. Plusieurs possibilités existent :

  • On peut se former directement auprès d’un apiculteur expérimenté pendant au moins 1 an.
  • Il existe également des formations qualifiantes. Celles-ci sont assurées en CFA (centre de formation d’apprentis), en CFPPA (centre de formation professionnelle et de promotion agricole) ou en lycée agricole. Il y a notamment :
    • BPREA – Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole option apiculture : formation qui s’adresse aux adultes de niveau bac.
    • Titre apiculteur inscrit au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles).
    • Bac pro CGEA (Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole) + formation complémentaire en apiculture.
    • Certificat de Spécialisation (niveau IV) apiculture ouvert depuis 2017.

Le salaire

Les revenus d'un apiculteur varient selon le nombre de ruches, la production et la vente. L’apiculteur est assujetti Chef d’exploitation par la MSA quand il possède 200 ruches. Le salaire moyen de l’apiculteur tourne autour du S.M.I.C. En revanche, il faut noter que très peu d’apiculteurs sont professionnels (2,6 % en 2019) selon l’UNAF (Syndicat de l’Union Nationale de l’Apiculture Française).

Attention : l’apiculture n’est pas un métier qui produit un revenu mensuel fixe. On travaille plutôt par saison : le miel se vend généralement d’août à février, puis vient la saison où on se consacre à son exploitation.

Un apiculteur peut bénéficier d’aides

La MAEC (Mesure Agro Environnementale et Climatique) apiculture est une aide mise en œuvre dans le cadre de la PAC (Politique Agricole Commune) au niveau européen. L’objectif consiste à améliorer le potentiel pollinisateur des abeilles en incitant les apiculteurs à installer des ruches dans des zones où la biodiversité est remarquable ou fragile (parcs nationaux, réserves naturelles, etc.).

Le bénéficiaire s’engage à respecter certains engagements pendant 5 ans :

  • Engager un nombre minimal de 72 colonies (une colonie comprend entre 30 et 80 000 individus).
  • Respecter un nombre minimal de 24 colonies par emplacement (ce nombre peut être ramené à 12 sur demande de la région).
  • Avoir un emplacement supplémentaire par tranche de 24 colonies, soit respecter une certaine répartition.
  • Situer 1 emplacement sur 4 engagés dans une zone intéressante au titre de la biodiversité.
  • Respecter une distance minimale de 2,5 km entre deux emplacements (peut être adapté au contexte local).
  • Respecter un temps minimum de présence des colonies de 3 semaines par emplacement.

En contrepartie de ces engagements, l’apiculteur touche une aide de 21€ par colonie, plafonnée selon des modalités définies au niveau régional. Contactez la DDT (Direction Départementale des Territoires) de votre département.

Certains Conseils régionaux proposent des subventions aux exploitations agricoles apicoles. Il peut s’agir d’un complément régional pour des aides à l’installation, à l’investissement, en période de crise, etc.

Les débouchés

Tout dépendra de votre orientation, car, en apiculture, il y a plusieurs voies possibles : élevage d'abeilles, élevage de reines, miel, gelée royale, propolis, pollen, cire, hydromel et autres secteurs d'activités, etc.

Les questions les plus fréquentes

Ces quelques chiffres sont donnés par l’UNAF, le Syndicat de l’Union Nationale de l’Apiculture Française, pour l’année 2019 :

  • La France compte plus de 70 000 apiculteurs, dont 2,6 % de professionnels qui détiennent 50 % du cheptel français.
  • Pluriactifs, > 30 ruches et < 150 : environ 3 500 apiculteurs
  • Petits producteurs, < 10 ruches : plus de 65 000 apiculteurs
  • 1 300 000 ruches, malgré des mortalités souvent très importantes, les apiculteurs reconstituent chaque année une grande partie de leurs colonies d’abeilles pour pérenniser leurs ruchers.

En 2019 (chiffres toujours donnés par l’UNAF), il y a eu moins de 10 000 tonnes de miel produit, une baisse par rapport aux années précédentes, alors que l’importation a plutôt tendance à augmenter (plus de 30 000 tonnes).

Très stable, la consommation annuelle française est de 40 000 tonnes, ce qui signifie que nous importons, de divers pays de l'Union européenne, de Chine, d'Argentine, etc., plus de la moitié du miel que nous consommons. Ce miel d’importation est généralement bien moins cher, mais aussi de qualité très faible et parfois dangereux pour la santé, mais aussi produit dans un objectif de rentabilité maximale, au détriment de l’abeille.